Quatrième article : Un rêve se réalise / Fourth article : a dream comes true
- 19 avr. 2019
- 27 min de lecture
FR/EN
Semaine 5-6 (Vendredi - Lundi) : Milford Sound Logan
Dix minutes passent, puis vingt, et Kay n'est toujours pas là. Nous demandons à une fille qui sort du bateau où devrait travailler Kay si celui-ci est encore là, mais elle nous dit qu’il a déjà finis de travailler, 2 heures avant. Merci les managers ! Auparavant, Marc nous avait à peu près montrer où se trouvent les hébergements des employés des croisières. Nous décidons donc de rebrousser chemin en direction de ses bungalow à côté desquels nous sommes passés en venant.
Nous empruntons un petit chemin aménagé rejoignant les parkings, chemin que nous avons adoré ! La végétation était nouvelle pour nous, une véritable forêt tropicale. Humidité, grandes fougères, palmiers, et nouveaux arbres étaient au RDV. Nous redescendons sur quelques centaines de mètres en passant devant le peu de bâtiments présents à Milford Sound : un café, et c'est tout.

- Il faut savoir que cette région est la plus humide de Nouvelle-Zélande où il pleut en moyenne un jour sur deux minimum toute l'année. Et on va bien vite le comprendre malgré qu'il pleuve déjà depuis tout le trajet jusque là - Nous empruntons un petit chemin coincé entre la route d'une part, et la piste d’atterrissage de l'aéroport privé de Milford Sound de l'autre. D'après ce que l'on a compris, ça devrait être par ici.
C'est après 500m à travers cette petite jungle, que la pluie s'intensifie, et nous nous retrouvons rapidement totalement trempés ! Sortir de ce chemin nous parait durer une éternité, mais nous arrivons enfin à une autre route. Le but est de se mettre a l'abri rapidement. C'est alors qu'un bus s'arrête à notre hauteur et que le chauffeur nous dit de grimper. On ne se le fait pas dire deux fois. Enfin a l'abris!
Après quelques mots échangés avec lui, une passagère nous ayant entendu nous dit qu'elle connait Kay, ils travaillent pour la même compagnie, et elle peut nous mener à lui.Super! ça nous évitera de toquer a toutes les portes. Nous descendons et la suivons à travers les bungalows des employés.
Arrivés au bungalow (regroupant une dizaine de chambres) devant être celui où vit Kay nous traversons une terrasse en bois puis poursuivons notre route à l'intérieur. Première pièce : cuisine et salon/salle à manger. Les paquets de chips et pots de ketchup traînant sur les tables, la vaisselle non faite et les chaussettes sales au sol nous font plus penser à une cité étudiante en bordel qu'à des hébergements de travail. Nous continuons notre chemin dans un grand couloir avec les chambres de chaque côté. Sur chacune des portes, un tableau en liège sur lequel on peut deviner l'identité du propriétaire de la chambre de manières différentes. Parfois des photos de soirées bien arrosées, une autre fois un croquis des Fjords, ou encore une autre avec une caricature.

La chambre de Kay se trouve tout au bout du couloir, et sur sa porte, aucune fioritures. Nous toquons plusieurs fois avant d'entendre des grommellements à l’intérieur. Kay dormait, et nous apprendrons par la suite que c'est une de ses grandes passions! Ou plutôt, un passe-temps d'après lui.
Surpris de nous voir, il nous fait immédiatement entrer, et nous propose de nous installer. Sa chambre est très simple, toilette, douche bouchée et un lavabo en guise de salle de bain, et la chambre : un lit simple, un radiateur, une armoire, quelques étagères. On se croit vraiment dans une cité universitaire. Sur le mur, une guitare, un portrait, et un autoportrait. C'est un artiste apparemment. Pour les jours à venir, nous installerons donc nos duvets sur le sol, dans un coin de la chambre.
Nous nous retrouvons sur la terrasse pour décider de comment allait se dérouler notre soirée.
Une des filles présente dans la cuisine nous propose un apéro, mais ça na pas l'air d'enchanter Kay, et il nous propose de nous emmener aux Lodge. Je ne comprend toujours que la moitié des choses, et pense me diriger vers une sorte de salle commune. Mais pas du tout, toujours sous des trombes d'eau, Kay nous emmène dans le seul endroit où il est possible de dormir pour les touristes à Milford Sound, et de se restaurer une fois la nuit tombée. Presque 250€ la nuit! Depuis les 4 mois qu'il travaille ici, il n`y a pas mis les pieds une seul fois, mais il tient absolument à nous inviter. Nous sommes un peu gênés, mais il nous explique que ça lui fait vraiment plaisir.
Comme il nous l'avait expliqué, à Milford Sound, il n`y a pas de réseau, pas de commerces, et pas vraiment d'occupation, surtout lorsqu'il pleut! Kay travail 10 jours de suite, pour avoir 4 jours off. Il profite de ses repos pour voir un peu de pays, et la semaine, il attend impatiemment le week-end. Donc il tient absolument à ce que l'on mange ensemble au Lodge. Le changement entre les bon petits plats du Fleurs, et les sandwiches des derniers jours ayant été brutal, on va se régaler!
En rentrant, Kay nous dit qu'il n'aime pas vraiment ce genre d'endroit, que c'est trop "fancy" pour lui, trop de chichis. Et effectivement, nous faisons un peu tâche avec nos imperméables trempés au milieu de ce restaurant un peu trop chic. Il n`y a pas encore de places pour nous, et il décide de nous offrir une bière en attendant. .
Il nous explique qu'il est partis du Népal à 16 ans, pour venir travailler en Nouvelle-Zélande. Courageux! Nous apprendrons plus tard qu'il n'a même plus de reste de sa langue natale, et qu'il ne sait maintenant plus que parler Anglais. Nos ventres commencent à s'impatienter, et il est enfin l`heure d'aller manger. La serveuse nous installe, et Kay nous commande une autre bière pendant que `l'on regarde le menu. Il nous fait bien rire en nous expliquant qu'ici il y a trop de chichi, et que l'on n'a pas besoin de 5 adjectifs pour décrire une assiette de riz; ça reste du riz!
Kay est végétarien, et choisis une assiettes de boulgour, pendant que Megg et moi, gourmands que nous sommes ... optons pour un pavé de Saumon, et un morceaux d'agneaux. Ça fait plaisir de bien manger!

Il fait maintenant nuit, et il est l`heure de rentrer dormir. Demain Kay travaille tôt, et il nous a dit qu'il pourrait peut être nous avoir un pass gratuit pour une croisière dans les Fjords. La journée de route nous a épuisé, et nous n'avons pas mis longtemps à dormir. Réveil, 7H. Il faut attraper la navette gratuite qui nous monte jusqu'aux croisières pour éviter 20 minutes de marche de bon matin. Nous avons de la chance, la météo annonce un temps superbe aujourd’hui.
Dans le bus, nous pouvons apercevoir les dégâts de la soirée de la veille. De grosses cernes sont dissimulées derrières des lunettes de soleil. Nous voilà arrivés sur les quais avec Kay (ahah). Il rentre dans le bureau, et ressort presque instantanément avec .. les 2 pass gratuits pour aller faire une croisière de plus d'une heure, au milieu des Fjords. Il grimpe sur son bateau, et nous dit qu'il ne finira pas le boulot avant 17h. Nous avons une petite heure à tuer avant d'embarquer, et décidons d'attendre au chaud, avec un cacao. Il est presque l`heure, et on est super excités, et impatients. Un de nos rêves va devenir réalité, et l'on va enfin découvrir les Fjords! On donne notre passe d'entrée, et nous voila les premiers sur le pont supérieur. C'est parti pour 1h45 de croisière dans ce décor absolument incroyable. Ça y est, le bateau largue les amarres, on y est, on y va !
Peu de temps après notre départ, une équipe de dauphins vient nous saluer en sautant tout près du bateau. C'est la première fois pour moi que je vois des dauphins en liberté. Une première au milieu des Fjords, je suis bien content d'avoir attendu pour vivre cela! Ensuite, on enchaîne : cascades, envole de mouettes et d'albatros, ou encore séance de bronzage pour les phoques et otaries. C'est immense! Superbe! On arrive même à distinguer la neige sur certains sommets. A notre retour, on file visiter les Fjords de Norvège!

Nous voilà revenus sur la terre ferme. Waouh ! Merci Kay!
Encore plusieurs heures avant qu'il ne finisse de travailler. On demande alors aux différents accueils s'il y a des randos gratuites ou des balades à faire autour, et on nous parle d'un petit "lookout" (point de vu), à quelques minutes d'ici.

Après dix petites minutes, nous voilà en haut. Pas vraiment impressionnant en sortant de la croisière, mais c'est sympa quand même. On se rend aussi compte du trafic aérien dans Milford Sound. Petits avions et hélicoptères se relaient inlassablement pour faire découvrir, aux plus fortunés, cette région vue des airs. Avant de rentrer, nous voyons un petit chemin promettant une vue imprenable sur les Fjords, et décidons d'aller visiter un peu plus cet endroit.
Première surprise, les arbres sont plein de cigales. On se croirait sur la côte d'Azur!
Plus loin, nous avons eu la chance de faire un peu de balançoire sauvage avec une vue incroyable, d'observer des huîtriers, des Paradise Ducks, et quelques Pukekos sauvages.

Il est 13h passé, et l'on commence à avoir faim. Kay nous a parlé la veille d'un bungalow commun remplit de nourriture, où tout le monde peut se servir. On va y faire un tour avec Megg, et là, le paradis !! 40m² de supermarché où l'on ne paie pas ce que l'on prend. C`est inclus dans le contrat des employés, comme le loyer de leurs hébergements, le tout est retenu de leur paye. Qu'ils mangent ou pas, cela ne change rien. Fruits et légumes frais réapprovisionnés plusieurs fois par semaine, de quoi faire de la pâtisserie, de la viande, du poisson.. Nous n'en croyons pas nos yeux. Et on apprendra plus tard que très peu d'entre eux profitent de ce frigo.. par flemme ! Kay a du y aller 2 fois, pour prendre des chips et du ketchup. On prend ce dont on a besoin pour midi, légumes frais et morceaux de viande.
Avant de se faire à manger, nous décidons de ranger un peu la chambre de notre hôte, changer ses draps, et nettoyer ce que l'on peut. La chambre est toute petite, et cela ne nous prend pas longtemps. Mais ça a tout de même meilleure allure. Après l'effort (de courte durée je l'avoue), le réconfort. Il est l'heure de cuisiner et de manger. Crème, fromage, champignons, poivrons .. Comme on dit chez moi: "On s'est fait péter le bide" !
On adore beaucoup trop cuisiner, et à peine fini de manger, retour dans le frigo voir ce que l’on pourrait préparer à nos hôtes pour ce soir; et surprise, il y a tous les ingrédients nécessaires pour des lasagnes. Kay étant végétarien, ce sera donc lasagnes d’aubergines. A son retour le plat est tout juste fini d'être préparé, et Megg et moi décidons de l’emmener avec nous pour une petite ballade. Direction la rivière que l’on a vu la veille, pour essayer de s’y tremper un peu les pieds malgré que l’eau provienne d’un glacier.

Au final je serais le seul à y aller, et pas pour très longtemps. On ne traîne pas trop, le coucher de soleil sur les Fjords du côté des quais de croisière nous attend! Même ça, Kay nous dit qu’il n’a jamais pris la peine de le faire. C’est terrible de ne pas profiter de ce que la planète nous offre, d’autant plus lorsque l'on est dans un environnement comme celui ci

Arrivés à l’endroit que nous avions vu plus tôt, proche de la balançoire, cette fois, nous sommes seuls. Seuls et minuscules au milieu de ces montagnes qui sortent tout droit de l’océan. Un moment privilégié. Depuis notre arrivés en Nouvelle-Zélande nous avons souvent eu l’occasion d’observer les étoiles, mais autant vous dire qu’à Milford Sound, la pollution lumineuse étant inexistante, le ciel scintillait de milliers d'étoiles. Puis il est l'heure de rentrer, il commence à faire frais et notre plat de lasagnes attend. Nous avons partagé ce repas dans la salle commune du Bungalow avec les personnes présentes.
C’est toujours agréable de partager ce genre de moment, d’autant plus que ça n’a pas l’air habituel pour eux. Culture française de la nourriture? Sans doute !
La plupart des gens présents sont asiatiques, venant de Chine, du Japon où de Korée, mais il y a aussi quelques Européens. Travailler sur ces bateaux de croisière est un bon moyen pour mettre de l'argent de côté apparemment. Nous allons nous coucher assez tôt, la journée fut longue, le repas copieux, et Kay se lève tôt le lendemain pour aller travailler.
Nous nous réveillons alors que notre hôte est déjà parti. C’est agréable de ne pas avoir à se dépêcher de plier la tente avant que quelqu’un ne nous voit. Petit déjeuner englouti, nous préparons nos affaires pour la journée, et nous rendons sur la route principale pour lever le pouce en direction du lac Marian, un lac glacière a quelques dizaines de kilomètres de Milford Sound.
Les premières croisières de la journées sont terminées, et il ne devrait pas être difficile de trouver une voiture pour nous y rendre. Effectivement, après quelques minutes, un couple d’anglais nous emmènent avec eux. 30 minutes de trajet où nous pouvons leur partager ce que nos précédents conducteurs nous ont appris sur les Fjords, et leur parler de notre tour du monde. Ils sont super intéressés, et malgré qu’ils ne se rendent pas au même endroit que nous, ils font un détour de quelques kilomètres pour nous poser sur le parking, juste au début de la randonnée. Merci à eux!
A l'entrée, un panneau nous indique qu’il nous faudrait 20 minutes aller-retour pour se rendre aux cascades, et 3h aller-retour pour se rendre au lac. Pour commencer, un pont suspendu sur lequel on peut se rendre compte de la force de la rivière dûe aux pluies des jours précédents, mais surtout, de la clarté de l’eau provenant des glaciers. On s’enfonce alors dans une petite forêt, remplie de fougères bien plus grande qu’en France, et de palmiers magnifiques. (J’adore ces palmiers Tropicaux ! Je ne m’en lasse toujours pas ! ) Ce qui est génial, c’est que nous sommes déjà à la fin de l’été, et qu’il n’y a plus beaucoup de touristes.

Nous sommes seuls lorsque nous arrivons aux cascades. Elles sont superbes, et la plupart du temps, en Nouvelle-Zélande, les randonnées sont super bien aménagées, et indiquées. Nous pouvons donc admirer ces chutes depuis un petit chemin promontoire fait de bois. Waouh, on en prend déjà plein les yeux, et nous n’en sommes qu’au début. La suite de la rando n’est pas très difficile. on se croit une fois au milieu d'une forêt Tropicale, puis on est au milieu du bush, et ensuite au milieu de nos forêts françaises. La végétation est très changeante en fonction de l'altitude. Parfois, il nous faut un peu escalader, ou éviter quelques passages plus boueux, mais sans efforts, pas de réconfort, c’est bien connu. Après 1h30 voilà le lac. Sur les premiers mètres, une trentaines de personnes sont là, en plein pique-nique, prenant le soleil sur l’herbe. C'est grand, et nous n’avons aucune envie de rester collés aux autres touristes. Nous décidons de longer le lac pour essayer de trouver un coin moins prisé. Et après 10 minutes supplémentaire dans un bout de forêt très épaisse (lorsque vous marchez dans de la mousse qui vous arrive aux genoux, on peut dire très épaisse non!?), nous trouvons l’endroit qui sera parfait. Telle une baie, cachée derrière une petite avancée de terre dans le lac, nous nous est seuls, à l’abris du bruit et des regards. Juste Megg, moi, ce lac, et les montagnes enneigées qui nous entourent. Le soleil est en plus au rendez-vous, l’endroit est idéal pour passer un peu de temps.

Après avoir mangé un sandwich, la tentation est trop grande, on enfile nos maillots de bain, et essayons une première entrée dans l'eau. Je vous avoue qu'elle était... très froide, moins de 15 degrés, c’est sûr. Mais le corps est fait pour s’habituer, alors en prenant un peu sur nous, et en persévérant, on y rentre jusqu’à la taille. Je m’aventurerais même à tenter quelques brasses. Un simple aller-retour, mais très revigorant après avoir sué 1h30 pour arriver ici.
Malheureusement, le temps passe trop vite quand on s'amuse, et il est déjà l’heure de rentrer si nous voulons avoir une chance de trouver une voiture allant à Milford Sound en fin d’après-midi. La descente est bien plus facile que la montée, et en se dépêchant un peu, il ne nous faut que 30 minutes pour être de retour sur le parking. Super fiers de nous,on retrouve la route principale, et on lève le pouce. Il est seulement 16h30 et sommes confiants pour la fin de la journée. On va vite déchanter. Un dimanche soir, après les derniers départ de croisière, et n'ayant quasiment aucun hébergements à Milford Sound, il y a donc très peu de raisons de s'y rendre à cette heure-ci. Après une heure d'attente, seulement 3 véhicules sont passés et aucun n'a voulu de nous. Premier moment d’angoisse. Notre tente et nos duvets sont à Milford Sound, la nuit arrive à grands pas, et aucun réseau pour prévenir que nous sommes ici. Il faut songer à un plan B, lequel serait de retourner à Te Anau, à 88 km d’ici, chercher un endroit pour passer la nuit dans de meilleures conditions, et revenir le lendemain pour récupérer nos affaires. On se donne encore 45 minutes, et si la situation n’a pas évolué, c’est ce que nous ferons. A 15 minutes de la deadline, un van Juicy (le van des touristes de NZ par excellence) passe dans le bonne direction. Ce n'est plus du pouce que l'on fait, mais ce qui s’apparenterait à des signes de détresse. Et par chance, il s’arrête.
A l’intérieur, un couple d’allemands montant juste à Milford Sound pour prendre quelques photos de ce lieu incroyable sans les touristes de la journée. Merveilleux, nous ne resterons pas coincé ici! Ils nous déposent sur un parking, et on leur donne quelques conseils sur les meilleurs endroits pour prendre des photos. Il nous remercie alors que c’est bien eux, qui nous ont sauvé. De retour au bungalow, seule envie, se mettre au chaud. Et quel est le meilleur moyen de se réconforter après un épisode de galère? Manger!! Direction le frigo commun, ce sera crêpes pour tout les colocataires du bungalow. Et si pour nous, français, c’est quelque chose de banal, ce n’est pas pareil pour tout le monde. Nous avons même droit à des compliments tels que “Waouh, c’est le meilleur truc que j’ai mangé de toute ma vie” ! Mission réussie, tout le monde est content. Ça fait plaisir. Le lendemain matin, il est temps de partir, je me réveil avant Megg (comme d’habitude en fait) et en prenant mon petit déjeuner dans la cuisine, j’ai la chance de voir un Kea. Vous savez, ce gros perroquet pas du tout timide que l’on a vu en venant à Milford Sound.

Il est dehors, sur la terrasse en bois, et il est tellement gros et pas du tout discret, que je peux l’entendre marcher depuis l'intérieur. Je me rend compte que c’est un oiseau super curieux, mais ravageur. En 10 minutes, il fait tomber le cendrier, un balai, arrache la mousse des sièges, essaye d’ouvrir la porte, la fenêtre, tente de rentrer dans les trous du billard qui est sur la terrasse, toque à la fenêtre bruyamment... Bref, il a mit la pagaille de partout, et s’en est allé, comme il est arrivé.
Je comprends pourquoi ils tiennent tant à ce que les fenêtres et les moustiquaires restent toujours fermées, ce n’est pas seulement pour les moustiques, un oiseau comme ça à l’intérieur ferait un carnage. Je réveille Megg et il se remet à pleuvoir. Il faut savoir que la pluie, à Milford Sound, ça ne fait pas semblant. Nous attendons désespérément une éclaircie, mais rien du tout, et lorsque Kay rentre du boulot, nous sommes toujours là, dehors, assis sur un banc. De plus, je sais que généralement faire du stop sous la pluie, d’autant plus une pluie battante, n’est pas du tout concluant. Personne ne veut de deux auto-stoppeurs trempés dans sa voiture.
Mais Megg me convainc, alors on dit au revoir à Kay, et on y va. Megg est confiante, mais je n’y crois pas du tout. Évidement, plus les minutes passent, plus nous sommes trempés. Miraculeusement, après 15 minutes, une voiture s’arrête. A l’intérieur, Tomoki, qui nous dit de vite monter, mais, à la place du passager il a des vêtements et les places arrières ont été remplacées par un matelas. Nous ne voulons pas tremper ses affaires, mais celui-ci nous dit de quand même poser nos sacs devant, et de sauter sur le matelas. En plus, il nous demande si on est bien installés. Évidemment! Comme quoi, même quand vous êtes en train de galérer, trempés comme des chiens, faites confiance aux gens! Tomoki, d’origine Japonaise, nous emmènera jusqu’à Te Anau. Le trajet fut long sous la pluie, il n’y voyait rien. Long, mais super agréable, les échanges étaient très intéressants, constructifs et enrichissants. Je n’avais jamais eu l’occasion de passer 2 heures à parler du Japon avec un japonais et d'avoir son point de vue. On en apprend bien plus en échangeant directement avec les habitants même d'un pays plutôt qu'à travers des documentaires souvent subjectifs.

Arrivés à Te Anau, nous voilà repartis en direction de notre parc, à l’autre bout de la ville, pour installer notre camp.
Nous avons au moins la chance de ne pas avoir à chercher où aller.
Mais il est encore tôt, alors on tente une seconde fois d’aller rencontrer la sœur de Maisie pour la saluer.
Au comptoir, on nous répond “Ah, vous êtes le couple de français !”. Apparemment, on était attendus. Immédiatement, ils nous font passer derrière, en cuisine, et nous présente le manager. On discute un peu avec lui, mais il nous apprend que la sœur de Maisie n’est pas là ce soir, elle commence très tôt demain pour tout préparer. 3h du matin pour être précis. Je vous avoue que l’on a espéré se voir offrir un hamburger, ou même un cornet de frites. Au bout de quelques minutes, on se demande ce que l’on fait encore là alors que plus personne ne nous parle. On apprend alors qu'ils s'attendaient à ce que l'on travaille pour eux. Quiproquo. Un malaise s’installe, et nous décidons de rentrer dans notre petite maison, caché sous les arbres de notre grand parc, sous la pluie.
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EN
Week 5-6 (Friday - Monday): Milford Sound
Logan
Ten minutes pass, then twenty, and Kay is still not there. We are asking a girl who is out of the boat where Kay should be working if he is still there, but she tells us that he has already finished working 2 hours before. Thank you managers! In the past, Marc had pretty much shown us where the cruises' accommodations are. So we decided to turn back towards his bungalow next to which we came in coming.
We take a small landscaped path joining the car parks, path we loved! The vegetation was new to us, a real rainforest. Humidity, big ferns, palms, and new trees were on the go. We go down a few hundred meters past the few buildings present in Milford Sound: a coffee, and that's it.

- You should know that this region is the wettest in New Zealand where it rains on average a day in two minimum throughout the year. And we will quickly understand it despite the fact that it has been raining ever since -
We take a small road stuck between the road on the one hand, and the landing strip of the Milford Sound private airport on the other. From what we understand, it should be around here.
It is after 500m through this small jungle, that the rain intensifies, and we are quickly completely soaked! Going out of this way seems like an eternity, but we finally arrive at another road. The goal is to get away quickly. That's when a bus stops at our height and the driver tells us to climb. We do not have to be told twice. Finally at the shelter!
After a few words exchanged with him, a passenger who heard us tells us that she knows Kay, they work for the same company, and she can lead us to him. it will prevent us from knocking on every door. We go down and follow her through the employee bungalows.
Arrived at the bungalow (gathering a dozen rooms) to be the one where lives Kay we cross a wooden terrace then continue our road inside. First room: kitchen and living room / dining room. Packets of crisps and jars of ketchup trailing on the tables, dishes not made and dirty socks on the ground make us think more of a student city brothel that work accommodations. We continue our way in a large hallway with the rooms on each side. On each of the doors, a cork board on which we can guess the identity of the owner of the room in different ways. Sometimes photos of evenings well watered, another time a sketch of the Fjords, or another with a caricature.

Kay's room is at the end of the corridor, and on its door, no frills. We tapped several times before hearing grumbling inside. Kay slept, and we will learn later that this is one of her great passions! Or rather, a hobby according to him.
Surprised to see us, he immediately us in, and offers us to settle. His room is very simple, toilet, shower clogged and a sink as a bathroom, and the room: a single bed, a radiator, a wardrobe, some shelves. We really believe in a university city. On the wall, a guitar, a portrait, and a self-portrait. It's an artist apparently. For the days to come, we will install our duvets on the floor, in a corner of the room.
We meet on the terrace to decide how our evening would be.
One of the girls in the kitchen offers us a drink, but it does not seem to delight Kay, and he offers to take us to the lodge. I still only understand half of the things, and think of heading to some sort of common room. But not at all, always under water, Kay takes us to the only place where it is possible to sleep for tourists in Milford Sound, and to eat after dark. Almost 250 € a night! Since the 4 months he works here, he has not set foot once, but he absolutely wants to invite us. We are a little embarrassed, but he explains that it makes him really happy.
As he explained to us, in Milford Sound, there is no network, no shops, and no real occupation, especially when it's raining! Kay works 10 days in a row, to have 4 days off. He enjoys his rest to see a little country, and the week he looks forward to the weekend. So he really wants us to eat together at the lodge. The change between the good dishes of the Flowers, and the sandwiches of the last days having been brutal, we will feast!
When we get back, Kay tells us that he does not really like this kind of place, that it's too "fancy" for him, too much fuss. And indeed, we are doing a bit of work with our raincoats soaked in the middle of this restaurant a bit too chic. There is no room for us yet, and he decides to give us a beer in the meantime. .
He explains that he left Nepal at the age of 16 to come to work in New Zealand. Courageous! We will learn later that he does not even have any more of his native language, and that he now only knows how to speak English.
Our bellies start to get impatient, and it is finally time to eat. The waitress sets us up, and Kay orders us another beer while we look at the menu. He makes us laugh while explaining that here there is too much fuss, and that we do not need 5 adjectives to describe a plate of rice; it's still rice!
Kay is a vegetarian, and choose a plate of bulgur, while Megg and I, greedy that we are ... opt for a salmon, and a piece of lambs. It's nice to eat well!

It is now dark, and it is time to go back to sleep. Tomorrow Kay is working early, and he has
said he might get us a free pass for a Fjord cruise. The road day exhausted us, and we did not take long to sleep.
Wake up, 7H. You have to catch the free shuttle that goes up to the cruises to avoid 20 minutes of walking in the morning. We are lucky, the weather forecast a superb weather today.
In the bus, we can see the damage of the night before. Large dark circles are hidden behind sunglasses.
Here we are on the docks with Kay (ahah). He gets into the office, and comes out almost instantly with .. the 2 free passes to go on a cruise of more than an hour, in the middle of the Fjords. He climbs on his boat, and tells us that he will not finish the job before 17h.
We have an hour to kill before boarding, and decide to wait warm, with a cocoa.
It is almost time, and we are super excited, and impatient. One of our dreams will become reality, and we will finally discover the Fjords!
We give our entry pass, and here we are the first on the upper deck. We left for 1h45 cruise in this absolutely incredible scenery. That's it, the boat rolls the moorings, we are there, we go!
Shortly after our departure, a team of dolphins greets us by jumping close to the boat. This is the first time for me that I see dolphins in freedom. A first in the middle of the Fjords, I am very happy to have waited to live this! Then we go on: waterfalls, flying gulls and albatross, or tanning for seals and sea lions. It's huge! Superb! We even manage to distinguish snow on certain summits. On our return, we go to visit the Fjords of Norway!

We are back on the mainland. Wow! Thank you Kay!
Several more hours before he finishes working. We then ask the different receptions if there are free hikes or walks around, and we are told about a little lookout a few minutes from here.

After ten minutes, here we are at the top. Not really impressive coming out of the cruise, but it's nice anyway. Air traffic is also reported in Milford Sound. Small planes and helicopters take turns relentlessly to discover, to the most fortunate, this region seen from the airs.
Before returning, we see a small path promising a breathtaking view of the Fjords, and decide to visit a little more this place.
First surprise, the trees are full of cicadas. It's like being on the Côte d'Azur!
Further on, we had the chance to do some wild swing with incredible views, observe oystercatchers, Paradise Ducks, and some wild Pukekos.

It's past 1pm, and we're getting hungry. Kay spoke to us the day before about a communal bungalow filled with food, where everyone can help themselves. We will go for a ride with Megg, and there, paradise!
40m ² supermarket where we do not pay what we take. It is included in the contract of the employees, like the rent of their lodging, the whole thing is retained of their pay. Whether they eat or not, it does not change anything.
Fresh fruit and vegetables replenished several times a week, enough to make pastry, meat, fish .. We do not believe our eyes. And we will learn later that very few of them take advantage of this fridge .. by laziness! Kay had to go there twice, to get chips and ketchup. We take what we need for lunch, fresh vegetables and pieces of meat.
Before we get to eat, we decide to tidy up our host's room, change her sheets, and clean what we can. The room is very small, and it does not take long. But it still has better pace.
After the effort (short-lived I admit it), the comfort. It's time to cook and eat. Cream, cheese, mushrooms, peppers .. As they say at home: "We were farting the bum"!
We love cooking too much, and just finished eating, back in the fridge to see what we could prepare our guests for tonight; and surprise, there are all the necessary ingredients for lasagna. Kay being a vegetarian, so it will be lasagna eggplant.
On his return the dish is just finished being prepared, and Megg and I decide to take it with us for a little ballad. Direction the river that we saw the day before, to try to soak a little feet despite the water comes from a glacier.

In the end I would be the only one to go, and not for very long. We do not hang out too much, the sunset on the Fjords on the side of the docks is waiting for us! Even that, Kay tells us that he never bothered to do it. It's terrible not to enjoy what the planet offers us, especially when you're in an environment like this

Arrived at the place we had seen earlier, close to the swing, this time we are alone. Only and tiny in the middle of these mountains that come straight out of the ocean. A privileged moment. Since our arrival in New Zealand we have often had the opportunity to observe the stars, but as much to tell you that in Milford Sound, the light pollution being nonexistent, the sky glittered with thousands of stars.
Then it's time to go home, it starts to chill and our lasagna dish is waiting.
We shared this meal in the common room of the Bungalow with those present.
It's always nice to share that kind of moment, especially since it does not seem like a routine for them. French culture of food? Without a doubt !
Most of the people here are Asian, from China, Japan or Korea, but there are also some Europeans. Working on these cruise ships is a good way to put money away, apparently.
We go to bed early, the day was long, the meal was rich, and Kay gets up early the next day to go to work.
We wake up while our host has already left. It's nice not to have to hurry up before someone sees us.
After breakfast, we prepare our belongings for the day, and we go on the main road to raise our thumb towards Marian Lake, a glacier lake a few dozen kilometers from Milford Sound.
The first cruises of the day are over, and it should not be difficult to find a car to get there. Indeed, after a few minutes, an English couple take us with them. A 30 minutes drive where we can share what our previous drivers have taught us about the Fjords, and tell them about our world tour. They are very interested, and although they do not go to the same place as us, they make a detour of a few kilometers to land on the parking lot, just at the beginning of the hike. Thanks to them!
At the entrance, a sign tells us that it would take us 20 minutes to return to the waterfalls, and 3 hours to get back to the lake.
To begin, a suspension bridge on which we can see the strength of the river due to the rains of previous days, but especially, the clarity of the water from the glaciers. One then sinks into a small forest, filled with ferns much larger than in France, and magnificent palms. (I love these tropical palms! I'm still tired!)
The great thing is that we are already at the end of the summer, and there are not many tourists left.

We are alone when we come to the waterfalls. They are beautiful, and most of the time, in New Zealand, the hikes are super well appointed, and indicated. We can admire these falls from a small promontory path made of wood. Wow, we're already getting our eyes on it, and we're only at the beginning.
The rest of the hike is not very difficult. Once you think yourself in the middle of a tropical forest, then you are in the middle of the bush, and then in the middle of our French forests. The vegetation is very changeable according to the altitude. Sometimes we need to climb a little, or avoid some muddy passages, but without effort, no comfort, it is well known.
After 1:30 here is the lake. On the first meters, thirty people are there, in full picnic, sunbathing on the grass. It's big, and we have no desire to stay glued to other tourists. We decide to walk along the lake to try to find a less popular area. And after another 10 minutes in a very thick forest (when you walk in the foam that comes to your knees, we can say very thick no !?), we find the place that will be perfect. Like a bay, hidden behind a small embankment of land in the lake, we are alone, sheltered from noise and glances. Just Megg, me, this lake, and the snowy mountains that surround us. The sun is in the appointment, the place is ideal to spend a little time.

After eating a sandwich, the temptation is too great, we put on our swimsuits, and try a first entry into the water. I confess that she was ... very cold, less than 15 degrees, that's for sure. But the body is made to get used, so by taking a little on us, and persevering, we go back to the waist. I would even venture to try some fathoms. A simple round trip, but very invigorating after sweating 1:30 to arrive here.
Unfortunately, time passes too fast when we have fun, and it's already time to go back if we want to have a chance to find a car going to Milford Sound in the late afternoon.
The descent is much easier than the climb, and by hurrying a bit, it only takes us 30 minutes to be back in the car park. Super proud of us, we find the main road, and we raise the thumb. It is only 16:30 and are confident for the end of the day.
We will quickly be disappointed. One Sunday night, after the last cruise, and having almost no accommodation in Milford Sound, there is very little reason to go there at this time. After an hour of waiting, only 3 vehicles passed and none wanted us. First moment of anxiety. Our tent and our down are at Milford Sound, the night is coming, and no network to warn us here. We must think of a plan B, which would be to return to Te Anau, 88 km from here, look for a place to spend the night in better conditions, and come back the next day to get our stuff. We are still giving ourselves 45 minutes, and if the situation has not changed, that's what we will do.
At 15 minutes from the deadline, a van Juicy (the van of NZ tourists by excellence) goes in the right direction. It's no longer a thumb, but something like distress signs. And by luck, it stops.
Inside, a couple of Germans are coming up to Milford Sound to take some pictures of this incredible place without the tourists of the day. Wonderful, we will not stay stuck here! They drop us off on a parking lot, and we give them some tips on the best places to take photos. He thanks us that it was them who saved us.
Back to the bungalow, just want to get warm. And what is the best way to comfort yourself after an episode of galley? Eat!! Direction the common fridge, it will be crêpes for all the roommates of the bungalow. And if for us, French, it's something banal, it's not the same for everyone. We are even entitled to compliments such as "Wow, this is the best thing I've eaten in my life"! Mission successful, everyone is happy. It's a pleasure.
The next morning, it's time to leave, I wake up before Megg (as usual actually) and having breakfast in the kitchen, I have the chance to see a Kea. You know, that big parrot not at all shy that we saw when coming to Milford Sound.

He's outside on the deck, and he's so big and not at all discreet that I can hear him walking from inside. I realize that it is a bird super curious, but devastating. In 10 minutes, he drops the ashtray, a broom, tears the foam from the seats, tries to open the door, the window, tries to get into the holes of the billiard which is on the terrace, toque at the window loudly .. In short, he messed up everywhere, and left, as it happened.
I understand why they care so much that windows and mosquito nets are always closed, it's not just for mosquitoes, a bird like that inside would be a carnage.
I wake up Megg and it's raining again. You have to know that the rain in Milford Sound does not pretend. We are desperately waiting for a break, but nothing at all, and when Kay comes home from work, we're still standing outside, sitting on a bench. In addition, I know that generally hitchhiking in the rain, especially driving rain, is not conclusive at all. Nobody wants two hitchhikers dipped in his car.
But Megg convinces me, so we say goodbye to Kay, and we're going. Megg is confident, but I do not believe it at all. Obviously, the more minutes pass, the more we are soaked.
Miraculously, after 15 minutes, a car stops. Inside, Tomoki, who tells us to ride quickly, but in the passenger's seat he has clothes and the rear seats have been replaced by a mattress. We do not want to dunk his stuff, but this one tells us still to put our bags in front, and jump on the mattress. In addition, he asks us if we are well settled. Obviously! Like what, even when you're struggling, soaked like dogs, trust people!
Tomoki, of Japanese origin, will take us to Te Anau. The journey was long in the rain, he could not see anything. Long, but super nice, the exchanges were very interesting, constructive and rewarding. I never had the opportunity to spend 2 hours talking about Japan with a Japanese and having his point of view. We learn a lot more by interacting directly with the inhabitants of a country rather than through often subjective documentaries.

Arriving at Te Anau, we went back to our park, at the other end of the city, to set up our camp.
We are at least lucky not to have to search where to go.
But it is still early, so we try a second time to meet Maisie's sister to greet her.
At the counter, we are told "Ah, you are the French couple!". Apparently, we were expected. Immediately, they put us behind, in the kitchen, and introduced us to the manager. We talk a little with him, but he tells us that Maisie's sister is not here tonight, she starts very early tomorrow to prepare everything. 3am to be precise. I confess that we hoped to be offered a hamburger, or even a cone of french fries. After a few minutes, we wonder what we are still doing while no one is talking to us. We learn then that they expected us to work for them. Misunderstanding. A malaise settles, and we decide to return to our little house, hidden under the trees of our large park, in the rain.





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